Je ne sais pas vraiment comment commencer cet article, et ça va faire déjà cinq fois que j'efface et que je recommence cette introduction, en comptant celle-ci. Je n'ai plus rien écrit depuis le mois de mars et sincèrement, je ne sais pas comment revenir. Je ne savais plus comment. J'ai plusieurs fois essayé d'écrire, car j'ai tellement d'articles à vous présenter dont deux d'évènements auxquels j'ai assisté, mais je ne me voyais pas pondre ces articles avant de vous parler à coeur ouvert. Il fallait que je revienne de manière sincère afin de pouvoir vous expliquer pourquoi je suis partie. J'ignore si je vais laisser cet article en ligne pour toujours, mais je devais (et voulais) vous raconter les raisons de mon absence et de mon silence, ici sur le blog. 


Il y a tellement de choses qui ont changé depuis mon dernier article et il fallait que je vous en parle...



Ma descente aux enfers


Je ne vais pas y aller par quatre-chemins, mais je n'étais plus heureuse dans mes études. Voilà, c'est dit. C'est sans aucun doute la raison principale de cette descente aux enfers, descente qui m'a entraîné vers une chute de santé. Si vous me suivez sur twitter, vous avez sûrement vu que j'ai été hospitalisée le 03 juin dernier et je suis ressortie cinq jours plus tard. Je ne l'ai pas vraiment expliqué, mais je pense qu'il est important que je revienne là-dessus. L'écrire me permet de faire un travail là-dessus, car j'ai pris conscience de pas mal de choses et je n'en ressors que grandie.

Vous savez que ma vie sentimentale a été détruite et réduite en miettes, officiellement, il y a maintenant un an. Même si aujourd'hui, j'ai réussi à passer à autre chose et à pardonner, j'ai, mine de rien, accumulé énormément de stress et vous le savez tout autant que moi, que c'est bien évidemment néfaste pour la santé. Certaines maladies graves découlent du stress que l'on peut avoir au quotidien. J'ai continué à vivre ma vie d'étudiante, tout en luttant de ne pas tomber dans la dépression. Même quand on réussi à passer à autre chose, certains évènements peuvent laisser des séquelles à vie et parfois, c'est en dehors de notre pouvoir de ne pas sombrer. Pourtant, je n'ai pas succombé et j'ai lutté jusqu'à la fin. Pour ceux qui ne le savaient pas, je faisais des études de pédagogie, d'éducation et de psychologie, dans une Haute Ecole, dans le but de devenir institutrice. Les cours me prenaient tout mon temps et au fil des mois, la pédagogie du système francophone belge me plaisait de moins en moins. La personne que j'étais en entrant dans cette école, avait bien et bel disparue et les choses que je faisais avaient de moins en moins de sens pour moi. La passion que j'avais au début s'essoufflait de plus en plus, car j'étais surtout fatiguée du système... Au mois de mai - fin mai, pour être plus précise, j'ai eu mon deuxième et dernier stage de l'année et c'est à la fin de celui-ci que j'ai décidé de tout arrêter ! Soit je continuais et ma santé y passait, soit j'arrêtais et je pensais à ma santé. Le choix était posé, même si au final, la santé a quand même finit par flancher. Mon stage a été une catastrophe, mon travail n'a pas été reconnu - je précise que j'ai travaillé jour et nuit pour ce stage et mon maître de stage m'en demandait de plus en plus chaque jour, ainsi que sur le temps de midi, alors que techniquement j'avais tout terminé. J'avais à peine le temps de manger à midi, et chez moi je faisais des petits plats pas super nutritifs comme du riz et des haricots rouges. Ce n'est bien évidemment PAS un plat, mais je n'avais pas le temps et surtout l'envie. Ah, et comme si ce n'était pas suffisant, en plus d'être en malnutrition, j'ai dormi cinq à quatre heures par nuit, et ce pendant trois semaines, mais il fallait à tout prix que je travaille pour le stage ! Au fond de moi, je savais que je n'avais plus une bonne hygiène de vie comme avant, mais à ce moment-là, le stage était plus important. J'étais épuisée. J'avais l'impression d'user toute mon énergie, mais que le travail fourni n'était jamais assez pour le maître de stage et pour le superviseur de stage. Et encore, s'il n'y avait eu que ça. Il y a plein d'incohérences dans cette école, mais mon but n'est pas de les lyncher et de salir le nom de l'institution. Je ne suis pas là pour ça.

Je ne dis pas que je suis parfaite, loin de là, et de toute façon la perfection n'existe pas. J'ai fais des erreurs aussi, mais la négligence envers autrui est quelque chose que je n'accepte pas.


Le contrôle (du corps) peut parfois tuer!


Avec tout ça, j'avais perdu le contrôle de presque tout. J'avais l'impression de me lever le matin, et vivre comme un robot, puis de me recoucher. Je vivais presque comme une machine à fabriquer cette tonne de matériel de manière méticuleuse pour les enfants. Cette manie de devoir tout plastifier est ridicule, m'enfin là n'est pas le débat, même si je pourrais en débattre pendant une heure. La seule chose que je pouvais contrôler c'était mon alimentation. Alors, j'ai commencé à suivre les pas de mon frère et à commencer un régime un peu plus pesco-végétarien. Le problème ? Pendant que lui, il a substitué les viandes animales par d'autres aliments, j'ai fait l'erreur de ne pas le faire, ou du moins à moitié. Pourquoi ? Tout simplement, car je n'aime pas les "viandes" à base de soja et de quorn. Je mangeais du riz à presque tous les repas et à toutes les sauces. À la limite, il n'y avait que le petit-déjeuner qui était encore équilibré. Je contrôlais les calories que je mangeais par jour via à une application, pas parce que je voulais perdre du poids ou rester fine. C'est tout le contraire, je n'ai PAS besoin de perdre du poids, je veux au contraire en gagner, mais... J'ai compris que c'était la seule chose sur laquelle je pouvais avoir un certain contrôle dans ma vie, à ce moment là, même si c'était purement inconscient. Je l'ai malheureusement compris trop tard. Oui, j'étais inconsciente que j'étais, d'une certaine façon, en train de me tuer.


Diagnostic et hospitalisation


Avant de vous parler de mon hospitalisation, il faut que je vous parle des circonstances qui l'ont précédé. Début mai j'ai donc décidé d'arrêter mes études dans l'école où j'étais et de ne pas passer mes examens. Trois semaines plus tard, il y a eu la Bloodynightcon à Bruxelles et tout s'est très bien passé. Lundi soir, attentat à Manchester et je pense que ça été la goûte de trop, car le lendemain soir, après avoir vu les news à la télé, j'ai été prendre une douche et je me suis sentie mal et j'ai rejeté mes tripes... J'étais blanche comme du linge et ça n'allait pas du tout. Sur ordre de mon médecin, j'ai dû rester trois jours à l'intérieur sans sortir au soleil. Je pense que mon corps se préparait à tirer le signal d'alarme. J'avais aussi remarqué que je me fatigais beaucoup plus qu'avant pour de simples tâches, comme soulever le panier à linge et le transporter. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis née avec une CIV (une maladie cardiaque congénitale où il y a une communication intra-ventriculaire) et je me fatigue donc plus vite qu'une personne tout à fait normale d'un point de vue médical. Pourtant, le fait de me sentir fatiguée par le simple fait de porter un panier de linge n'était pas normal. Je sentais que ça n'allait déjà pas à ce moment-là, mais je me disais que j'était juste un peu plus fatiguée que d'habitude. Je me suis bien évidemment rendu compte plus tard que ça aurait dû m'alerter davantage.

Le vendredi 02 juin, vers onze heures du matin, je suis passée à l'école avec ma mère pour rendre ma clé de casier et faire signer des papiers importants. À peine quelques minutes après être sortie de l'école, lors d'une petite montée, dans une ruelle près de la place Royale - les Bruxellois connaîtront, et par une grande chaleur, j'ai commencé à me sentir fatiguée, le coeur battant beaucoup trop fort et sentant le malaise arriver.. j'ai dû m'asseoir sur le rebord d'un magasin et j'ai commencé à perdre tous mes sens, je n'entendais plus ce qui se passait autour de moi, mis à part la voix de ma mère qui me parlait - je précise que ça ne m'était jamais arrivé auparavant ! Heureusement qu'elle avait une boisson sucrée avec elle, sinon je pense bien que j'aurais perdu connaissance, là en plein milieu de la rue. Une fois encore, heureusement que j'avais déjà pris un rendez-vous avec mon médecin ce même jour, et qu'il était à 14 heures. Elle a demandé à ce que je fasse une prise de sang d'urgence le lendemain matin et c'est ce que j'ai fait. Quelques heures plus tard, je l'avais au téléphone et je devais me rendre d'urgence à l'hôpital, car il pourrait s'agir d'une anémie ou d'un ulcère. Des carences dans presque tout et un taux d'hémoglobine en-dessous de cinq, ce qui est extrêmement bas ! Comment voulais-je ne pas perdre connaissance dans cet état?! Je suis restée près de dix heures aux urgences et j'ai été hospitalisée le soir même. J'ai également reçu deux transfusions de sang ce jour-là.. Ils ont fait d'autres tests car une telle perte d'hémoglobine est dangereuse et les médecins ne savaient même pas comment j'étais encore debout avant d'arriver... En tout, j'ai reçu trois perfusions de sang et une perfusion de fer. Une très forte anémie, ont-ils dit. Ils n'ont rien trouvé d'autre d'anormal chez moi et heureusement ! Bref, je vous passe les autres détails du séjour et post-hospitalisation que je juge trop personnels. Pour conclure, une mésaventure qui aurait pu être évitée et aujourd'hui, j'ai appris de mes erreurs. Ce séjour a été comme une renaissance pour moi et il est vrai que j'ai perdu un peu de masse - déjà que j'en ai pas beaucoup de base aha, mais aujourd'hui, je vais mieux et un mois après, je suis remontée à un taux de 12 d'hémoglobine et pour ce qui est des carences, tout est revenu à normale mis à part deux d'entre elles, dont l'une est la vitamine D.

Bien évidemment, une anémie ne survient pas du jour au lendemain, et je devais sûrement la traîner depuis quelques mois, mais je suis quelqu'un de nature plutôt forte et mon corps a essayé de tenir le coup au maximum. À mon avis, à partir du moment où j'ai décidé d'arrêter et de ne pas passer mes examens, mon corps s'est sûrement dit qu'il pouvait tirer le signal d'alarme et me faire savoir que ça n'allait pas du tout.




Et maintenant?


Avant tout, je dois prendre soin de moi et c'est pour cette raison que j'ai décidé de recommencer à zéro ma vie. J'ai également recommencé à consommer de la viande rouge, car j'en avais besoin pour remettre à bloc mon taux de fer et d'hémoglobine et je pense que le mode d'alimentation orienté vers le végétarisme n'est pas tout à fait pour moi, bien que je respecte la cause animale. À voir si avec le temps, je peux recommencer doucement à m'orienter vers ce type d'alimentation là.. on verra bien.

J'ai pris conscience qu'à Bruxelles, je n'y arrivais plus et je ne m'y sentais plus en sécurité. Trop de mauvaises ondes et de mauvais suvenirs aussi. C'est pourquoi j'ai décidé de changer de ville et pas que, je change carrément de pays et je pars m'installer au Portugal, avec mon frère qui a décidé de poursuivre ses études à Lisbonne. Personnellement, j'aime toujours autant la pédagogie et l'éducation, mais le dernier stage m'a quelque peu vaccinée et j'ai décidé de partir dans quelque chose de totalement différent. Je vais m'inscrire dans des études design graphique (et peut-être de web-desing également, mais tout dépend de l'école) et de photographie. Je vais également reprendre l'espagnol et le coréen par moi-même. Bref, je vais faire des choses dans lesquelles je sais que je peux m'épanouir et me sentir bien. Il est clair que ce ne sera pas facile, car je serai loin de mes amis, mais je ne serai pas totalement toute seule, et je compte bien revenir sur Bruxelles quelques fois. Je me sens bien au Portugal, et même si cela ne fait que trois jours que je suis ici, je me sens déjà chez moi. Pour l'instant - pour ce qui est de Lisbonne, je suis ici pour faire du repérage, trouver un logement et trouver l'école dans laquelle je vais m'inscrire (j'ai normalement le choix entre deux). Je retourne sur Bruxelles au mois d'août et puis fin septembre, je reviens pour de bon. Maintenant, est-ce que c'est pour juste un an, pour quelques années ou pour toujours ? Je ne sais pas, seul l'avenir me le dira, mais le changement pour moi, c'est maintenant! Je pense que j'ai trouvé l'endroit où je pourrais être heureuse à nouveau.

Je vais bien, enfin.




Love, Lily